Tuesday, May 18, 2010

Cannes II

Cannes, à l’image du monde, résonne d’une vibration inquiète. Certes, les grosses berlines, la musique boum-boum, le plateau bling-bling de Canal+ sont toujours là, mais il y a comme une crispation, une légère retenue dans le déhanchement. Après tout, les bourses – véritabe lieu du désir cinématographique – dévissent au quotidien, à l’image d’un désastre, aussi somptueux que fatal, filmé au ralenti.

Le soir, je participe – en duplex – à l’émission Infrarouge de la Télévision Suisse, consacrée à Roman Polanski. Faut-il ou non extrader le ciné-transgresseur aux Etats-Unis ? En arrivant au studio, balcon improbable planté en face du Plais des Festivals, je découvre que les partisans de Roman ont sorti l’ancienne Conseillère Fédérale Elizabeth Kopp de leur chapeau. Les soutiens de Polanski, sur ce plateau, se résument donc à : l’infâme Maître Kiejmann – avocat de Sarkozy dans l’affaire Clearstream – la disgraciée Elizabeth Kopp – qui semble atteinte d’un Alzheimer avancé – le très Old School Jack Lang – aux cheveux aussi teints qu’un poil humain peut l’être – le sympathique baladin Michel Buhler – initiateur de la pétition au moment de l’arrestation et soutien aussi inconditionnel qu’énigmatique du cinéaste polonais en Suisse – et enfin, brièvement, moi-même.

Dans le camp adverse, il y a surtout l’impayable Conseiller National Lüscher, dont on voit les dents littéralement transpercer le sol du plateau de télévision, et qui a choisi de prendre le relai des démocrates-chrétiens (un peu bousculés depuis que l’église catholique subit des révélations à répétition sur ses pratiques pédophiles institutionnalisées), dans l’hallali anti-Polanski. Qui, de Lüscher ou Kiejmann est le plus odieux, le plus imbuvable, le plus arrogant, le plus imbu de sa personne ? Les paris restent, à ce jour, ouverts.

Voici le lien de l’émission :

tsr.ch - vidéo - émissions - infrarouge - La Suisse doit-elle donner Polanski aux Américains?

Posted by Jacob Berger on 05/18 at 04:18 PM
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Monday, May 17, 2010

Cannes

A Cannes pour 3 ou 4 jours. J’arrive quand ça s’essoufle, c’est-à-dire, juste à temps. Par exemple, pour le projection de « Film Socialisme » de Jean-Luc Godard. J’apprends dans la journée qui précède mon arrivée au festival que l’Oncle Jean ne viendra pas à la projection. « Des problèmes d’ordre grec » se justifie-t-il dans une lettre à Thierry Frémaux. Devant un plateau de fruits de mer généreusement offertson ami critique athénien Orestis Andreadakis me supplie de lui révéler la nature du problème en question. Je suis incapable de résoudre l’énigne, jusqu’à ce que j’apprenne par sa (et accessoirement ma) productrice Ruth Waldburger que Godard a pris sa décision après avoir vu la cérémonie d’ouverture du festival à la télé. Soudain, je comprends : le style officiel cannois semble être tellement acquis à l’ordre du marché, il est si dénué d’esprit de révolte, si éloigné de toute forme de conscience, il distille une image si vaniteuse et cupide que Godard a préféré ne pas se compromettre avec le moindre tapis rouge. Je le comprends. Mais si l’Oncle Jean ne vivait pas si coupé du monde, il saurait qu’il existe, à Cannes, une Quinzaine des Réalisateurs, où souffle un esprit impérieusement contraire à celui de l’Oréal. Coppola y était l’année dernière, Godard aurait dû y être cette année.

Posted by Jacob Berger on 05/17 at 06:47 AM
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